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Comment nous avons fait répondre 2 inscrits inactifs sur 3, en les retrouvant sur LinkedIn dans l'heure

Le tuto : repérer les inscrits qui ont tout installé sans rien lancer, les retrouver sur LinkedIn dans l'heure, et leur écrire. 66 % de réponses, 64 % passent à l'acte.

Mis à jour le 13 min de lecture

Sur Derrick, une partie des personnes qui créent un compte installent tout, arrivent au bout, et s'arrêtent juste avant de lancer leur première action. Elles ne sont ni déçues ni parties : elles sont à un geste du démarrage, et elles ne le font pas.

Nous sommes allés leur parler. Sur ce segment, deux personnes sur trois répondent, et 64 % de celles qui répondent lancent une action derrière.

Ce que vous allez apprendre : comment repérer automatiquement cette poignée de gens, comment retrouver leur profil LinkedIn à partir de leur inscription, comment monter la séquence, et quels messages envoyer. Les nôtres sont dans l'article, mot pour mot.

Ce que vous pouvez en attendre : un taux de réponse à deux chiffres, souvent bien plus, sur un segment que la plupart des équipes ne relancent jamais parce qu'il est petit et qu'il ne se voit pas dans un tableau de bord.

Le parcours d'un inscrit : inscription, installation terminée, aucune action lancée, message envoyé dans l'heure

Pourquoi ça marche : le taux de réponse suit la distance à l'usage

C'est le seul enseignement à retenir, et il vaut pour n'importe quel produit.

Nous faisons tourner deux relances sur deux moments différents du démarrage. Mêmes équipes, même soin apporté aux messages, deux résultats sans commune mesure :

Qui on relanceTaux de réponse
Il a terminé son installation et connecté son compte LinkedIn, il n'a lancé aucune action66 %
Il a terminé son installation mais n'a pas connecté son compte LinkedIn14 %

Presque cinq fois d'écart, pour exactement le même travail.

La tentation est de conclure « LinkedIn convertit mieux que l'email ». C'est faux, et c'est la conclusion facile : ces deux séquences ne parlent pas aux mêmes personnes. Ce qu'on mesure ici n'est pas un canal, c'est une distance au moment d'agir.

Quelqu'un qui a tout branché et qui s'est arrêté juste avant de lancer sa première action a un blocage précis, et il a envie de le dire. Il ne sait pas par où commencer, il ne trouve pas quoi mettre en entrée, il n'est pas sûr du résultat qu'il va obtenir. Vous lui écrivez, il vous répond, parce que vous tombez pile au milieu de sa question.

Quelqu'un qui s'est arrêté plus tôt n'a pas encore d'avis. Il n'a rien à vous dire.

Ce qu'il faut en faire : si vous n'avez de l'énergie que pour une seule relance, faites celle des gens arrêtés juste avant d'agir. Le même effort y rapporte cinq fois plus.

66 % de réponses chez ceux arrêtés juste avant d'agir, 14 % chez ceux arrêtés plus tôt

Ce qu'il vous faut

Cinq briques. Une seule est spécifique.

RôleChez nousRemplaçable par
Collecter l'événement d'inscriptionSegmenttout outil de collecte d'événements
Stocker l'utilisateur et son étatPostgreSQLvotre base applicative
Attendre, tester, branchern8nMake, Zapier, un cron maison
Retrouver et qualifier la personneDerrickc'est la brique qui n'a pas d'équivalent bricolé
Envoyer les messagesLa Growth Machinevotre outil de séquences

L'inscription vous donne un email et parfois un prénom. Ça ne suffit ni pour choisir le canal, ni pour écrire un message qui ne ressemble pas à un publipostage. C'est exactement le trou que Derrick comble, et c'est pour ça qu'il est au milieu de la chaîne et pas au bout.

Étape 1 : capter l'inscription et l'écrire quelque part

À la création de compte, envoyez un événement sign up dans votre outil de collecte, et écrivez l'utilisateur en base avec l'horodatage.

Chez nous : Segment reçoit l'événement, une ligne est créée dans PostgreSQL avec user_id, email, prénom, created_at, et deux colonnes qui vont tout piloter : onboarding_done et first_action_at.

Ne sautez pas la deuxième colonne. Sans un champ qui dit « cette personne a lancé quelque chose, et quand », vous n'avez aucun moyen de distinguer un inscrit actif d'un inscrit bloqué, et vous enverrez vos messages aux deux.

Étape 2 : attendre une heure, puis regarder

Créez un scénario dans n8n déclenché par la création de l'utilisateur, et posez un nœud Wait d'une heure en tête de scénario.

Pourquoi une heure : c'est le délai moyen que nous avons mesuré entre l'inscription et la première action chez ceux qui démarrent. Ce n'est pas une valeur ronde choisie au hasard, et c'est le réglage que vous devez refaire chez vous avant tout le reste.

Sortez la médiane du délai entre created_at et first_action_at sur les utilisateurs qui ont démarré. C'est votre fenêtre. Plus tôt, vous coupez la parole à quelqu'un qui était en train d'essayer. Plus tard, il est passé à autre chose.

Au bout de l'attente, une requête, une condition :

SELECT user_id, email, first_name, last_name, onboarding_done
FROM users
WHERE user_id = :id
  AND first_action_at IS NULL;

Zéro ligne ? La personne a lancé quelque chose, on n'écrit pas. Ça paraît évident, et c'est pourtant l'étape que tout le monde saute. Relancer quelqu'un qui est déjà en train d'utiliser le produit, c'est le déranger pour lui dire de faire ce qu'il fait. Vous gagnez une désinscription, pas une activation.

Le scénario en cinq nœuds : déclencheur, attente d'une heure, lecture en base, condition, appel Le canevas du scénario : le déclencheur, l'attente, la lecture en base, la condition et ses deux branches

Étape 3 : retrouver la personne derrière l'inscription

Vous avez un email, un prénom, un nom. Vous voulez un profil : son poste réel, son entreprise, sa taille. C'est ici que Derrick entre, avec deux appels enchaînés.

3a. Retrouver le profil LinkedIn. Un nœud HTTP Request vers l'API Derrick, sur Search Leads : vous envoyez le prénom et le nom, vous récupérez l'URL du profil. 1 crédit par profil.

Search Leads via l'API, en vrai. Le même appel que celui du nœud HTTP Request.

3b. Enrichir ce profil. Deuxième appel, sur Enrich Leads : vous envoyez l'URL obtenue, vous récupérez le poste, l'entreprise, le secteur, l'ancienneté. 1 crédit par profil, disponible dès la formule gratuite.

Enrich Leads via l'API. C'est ce que vous écrivez ensuite dans votre base.

Écrivez le résultat dans votre base. Vous ne relancez plus « un email » : vous relancez un Head of Growth dans une société de douze personnes, et vous savez sur quel canal il est joignable.

Si vous n'avez pas d'email exploitable, ou si vous partez d'un profil et cherchez l'adresse, le chemin inverse existe avec Email Finder.

Les trois s'utilisent en API comme ici, mais aussi depuis la barre latérale Derrick dans Google Sheets si vous préférez travailler à la main, ou depuis un assistant IA compatible MCP.

Le même enrichissement, sans une ligne de code : la barre latérale Derrick dans Google Sheets.

Étape 4 : choisir le canal sur ce que la personne a fait

Le branchement tient en une question, posée dans un nœud IF : a-t-elle connecté son compte LinkedIn ?

  • Oui. Elle est allée au bout, elle n'a simplement rien lancé. C'est le segment à 66 %. On la

contacte sur LinkedIn uniquement, avec le profil qu'on vient d'enrichir.

  • Non. Elle s'est arrêtée avant. On passe par l'email, doublé de LinkedIn. Le taux tombe à

14 %, et c'est normal.

Le point à retenir : le canal est une conséquence du segment, jamais une préférence d'équipe.

Chaque branche pousse le contact dans une audience différente de votre outil d'envoi, par un dernier HTTP Request.

Étape 5 : monter les deux séquences

Dans La Growth Machine, le montage est le même pour les deux branches.

  1. Créez l'audience. Une par segment, alimentée par l'appel HTTP de l'étape 4. Nommez-la avec son critère, pas avec une date : la nôtre s'appelle No feature used and LinkedIn connected. Dans six mois, vous saurez encore ce qu'il y a dedans.
  2. Créez la campagne et rattachez-lui l'audience.
  3. Choisissez l'identité qui envoie. Un compte réel, une vraie personne. Chez nous c'est le compte du fondateur, et c'est une partie de l'explication du taux.
  4. Choisissez les canaux. LinkedIn seul pour le segment chaud. LinkedIn + email pour l'autre.
  5. Écrivez trois messages, pas plus, espacés d'un jour ou deux.
  6. Lancez, et laissez tourner en continu : l'audience se remplit toute seule à chaque nouvel inscrit qui coche le critère.
L'écran de séquence : l'audience, les trois messages, leurs délais et leur canal

Étape 6 : les messages, mot pour mot

Ce sont ceux qui tournent, en anglais parce que nos utilisateurs sont internationaux. Ils sont courts et volontairement imparfaits.

Message 1, à J.

Trois choses à voler ici. « I might be wrong » : vous ne l'accusez pas, vous lui laissez la sortie, et il corrige lui-même. Une seule question, ouverte, sur ce qui bloque. Aucun lien, aucun rendez-vous proposé : vous ne vendez rien, vous demandez pourquoi ça a coincé.

Message 2, le lendemain. Là, vous donnez sans rien demander.

Le mode d'emploi complet, en quatre lignes, dans le message. Pas un lien vers la documentation : le geste exact. Si le blocage était « je ne sais pas quoi mettre en entrée », il vient de disparaître.

Message 3, deux jours après. Vous fermez, proprement.

« Last one from me on this (promise) » fait beaucoup de travail : vous annoncez que vous arrêtez, et c'est souvent ce message qui déclenche la réponse. Et vous laissez la porte ouverte sans conditionner quoi que ce soit.

Ce qu'aucun des trois ne contient : « J'espère que vous allez bien », un lien de démo, une offre, une relance numéro quatre.

Étape 7 : lire les réponses comme de la donnée produit

Deux personnes sur trois qui répondent, ce n'est pas un canal d'acquisition. C'est une étude utilisateur permanente et gratuite, et c'est la partie que personne ne fait.

Voici de vraies réponses reçues, et ce qu'on en a tiré. Elles se rangent en quatre familles, et chaque famille appelle une action différente.

1. « J'ai essayé, je n'ai pas obtenu ce que j'attendais. »

« I am actually struggling: when I input the Sales Navigator link it only creates the headings but doesn't import the actual data. »

Ce n'est pas une objection commerciale, c'est un rapport de bug déguisé. Cette personne voulait utiliser le produit, s'est heurtée à un mur, et n'aurait jamais ouvert un ticket. Sans le message, elle serait partie en pensant que l'outil ne marche pas.

2. « Je ne trouve pas comment faire ce que je veux faire. »

« I'm looking for a solution to scrape data from LinkedIn company Insights pages, including number of employees and growth. I want to do this without getting my personal LinkedIn profile blocked. I tried your app, but I couldn't find a way to scrape the relevant data. »

Le besoin est clair, la capacité existe, le chemin pour y arriver n'est pas trouvable. C'est un problème de découvrabilité, pas de fonctionnalité, et ça se répare dans l'interface ou la documentation. Notez la contrainte au passage, dite spontanément : ne pas risquer son compte. Ce genre de phrase ne sort jamais d'un questionnaire.

3. « Je suis déjà en train de l'utiliser, mais j'aimerais qu'on me montre. »

« We recently started using Derrick as part of our outreach and email marketing efforts. However, we would appreciate some assistance in better understanding the platform and how to maximize its capabilities. »

Celle-là paraît hors sujet, puisque la personne utilise déjà l'outil. C'est en réalité la plus rentable : elle demande un accompagnement, et vous avez la conversation ouverte pour le lui donner.

4. « Ça ne dépend pas de moi. »

« I am only waiting on my manager to try out the app before we can implement it. »

Aucun défaut produit ici. C'est un rythme de décision, et la seule action utile est de ne pas insister maintenant.

Ce que ça change concrètement. Les familles 1 et 2 partent au produit, la 3 à l'accompagnement, la 4 dans la file d'attente. Un motif qui revient trois fois n'est plus une réponse à traiter, c'est un ticket. Chez nous, c'est ce qui a nourri le message 2 de la séquence : il donne le mode d'emploi exact parce que c'était le blocage le plus fréquent.

Conversations réelles. Photos et noms remplacés, un nom d'outil tiers masqué.

Nos chiffres

Sur le segment le plus chaud (installation terminée, compte LinkedIn connecté, aucune action lancée), toutes campagnes cumulées :

  • 670 réponses, soit 66 % des personnes contactées
  • 64 % de ces 670 personnes ont lancé une action dans Derrick derrière, alors qu'elles étaient

toutes à zéro au moment du message. C'est le critère même qui les avait fait entrer dans la séquence.

C'est cette deuxième ligne qui compte. Un taux de réponse n'est qu'un indicateur de conversation ; ce qui prouve que le dispositif sert à quelque chose, c'est le passage à l'acte derrière.

Ces chiffres sont ceux de la séquence dans sa version actuelle, après plusieurs itérations sur les messages. Elle tourne en continu depuis février 2026 et se remplit toute seule.

Pour aller plus loin

Le même mécanisme se rejoue à d'autres étages, avec la même brique au centre :

  • Sur votre base entière, pour découvrir quels profils font vraiment décoller votre produit.
  • Sur ceux qui sont partis, pour comprendre pourquoi et faire évoluer le produit.

Dans les trois cas, tout repose sur une seule capacité : savoir qui est derrière une ligne de votre base.

Derrick s'utilise en API comme dans ce tuto, depuis Google Sheets, ou depuis un assistant IA compatible MCP. Une application web arrive bientôt.

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Pourquoi attendre exactement une heure avant de relancer ?

+
Une heure est le délai médian que nous avons mesuré entre l'inscription et la première action chez les personnes qui démarrent. Ce n'est pas un chiffre rond : sortez la médiane entre vos propres champs created_at et first_action_at, et servez-vous en. Plus tôt, vous coupez la parole à quelqu'un qui essayait ; plus tard, il est passé à autre chose.

Quelles fonctionnalités Derrick ce dispositif utilise-t-il ?

+
Deux, enchaînées. Search Leads retrouve l'URL du profil LinkedIn à partir d'un prénom et d'un nom (1 crédit par profil). Enrich Leads récupère ensuite le poste, l'entreprise, le secteur et l'ancienneté depuis ce profil (1 crédit par profil, disponible dès la formule gratuite). S'il vous faut l'adresse email, l'Email Finder fait le chemin inverse.

LinkedIn convertit-il vraiment mieux que l'email ici ?

+
Non, et le lire ainsi est l'erreur classique. Les deux séquences ne parlent pas aux mêmes personnes. Ce que l'écart 66 % contre 14 % mesure, c'est une distance au moment d'agir, pas un canal. Quelqu'un arrêté juste avant sa première action a un blocage précis ; quelqu'un qui a décroché plus tôt n'a pas encore d'avis.

Que faites-vous des personnes qui ont déjà lancé une action ?

+
Rien. Elles sortent du flux à la vérification en base. Relancer quelqu'un qui utilise déjà le produit revient à le déranger pour lui dire de faire ce qu'il fait : vous gagnez une désinscription, pas une activation.

Combien de messages la séquence doit-elle contenir ?

+
Trois. Un qui pose une question ouverte, un qui donne le mode d'emploi exact sans rien demander, et un qui annonce qu'on s'arrête. C'est souvent ce troisième message qui déclenche la réponse.