PME, ETI : deux sigles que tout le monde emploie et que presque personne ne définit pareil. Un commercial appelle PME une boîte de moins de cent personnes. Un banquier applique un seuil réglementaire. Un statisticien de l'INSEE utilise une catégorie légale avec des chiffres précis. Les trois ont raison dans leur contexte, et c'est exactement pour cela que les segments bâtis sur ces mots se défont en silence.
Ce guide fait deux choses. Il pose côte à côte les seuils qui font autorité, pour que vous voyiez où ils divergent. Puis il répond à la question que les pages de définition n'atteignent jamais : devant une liste de dix mille entreprises, quel champ vous dit qu'un compte est une PME, quelle confiance lui accorder, et que faire quand deux sources donnent deux effectifs différents pour la même société.
La différence PME ETI : les définitions qui font foi
La différence PME ETI est d'abord une affaire de seuils légaux, et en France ils existent noir sur blanc. Le décret n° 2008-1354, pris en application de la loi de modernisation de l'économie, découpe les entreprises en quatre catégories : microentreprise, PME, ETI et grande entreprise. Une PME emploie moins de 250 personnes et réalise soit un chiffre d'affaires inférieur ou égal à 50 millions d'euros, soit un total de bilan inférieur ou égal à 43 millions d'euros (définition INSEE). Au-dessus commence l'ETI, l'entreprise de taille intermédiaire, qui va jusqu'à 4 999 salariés.
Deux détails comptent plus que les chiffres eux-mêmes. D'abord, le test est à deux étages : l'effectif est obligatoire, puis le chiffre d'affaires ou le bilan. Une société de 200 personnes qui dépasse les deux plafonds financiers n'est plus une PME. Ensuite, la catégorie s'applique à l'entreprise au sens économique, pas à chaque unité légale prise isolément, ce qui change le verdict pour les groupes.
PME, TPE, ETI, grande entreprise : les quatre catégories légales
| Catégorie | Effectif | Chiffre d'affaires | ou Total de bilan |
|---|---|---|---|
| Microentreprise | moins de 10 | jusqu'à 2 M euros | jusqu'à 2 M euros |
| PME | moins de 250 | jusqu'à 50 M euros | jusqu'à 43 M euros |
| ETI | de 250 à 4 999 | jusqu'à 1,5 Md euros | jusqu'à 2 Md euros |
| Grande entreprise | 5 000 et plus | au-delà | au-delà |
Une précision que la plupart des tableaux omettent : une société de moins de 250 salariés qui dépasse à la fois le plafond de chiffre d'affaires et celui de bilan n'est plus une PME, et le décret la range alors en ETI. La fourchette d'effectif 250 à 4 999 décrit le cas courant, pas la totalité de la catégorie.
Franchir la frontière ne change pas qu'une étiquette statistique. Côté obligations, les seuils d'effectif français se concentrent à 11, 50 et 250 salariés : c'est là que s'ajoutent la représentation du personnel, puis des obligations comptables et déclaratives plus lourdes. Côté vente, c'est le moment où un service achats apparaît, où une revue de sécurité devient un passage obligé, et où la décision cesse d'appartenir à une seule personne. Pour un commercial, la bascule PME vers ETI se lit donc avant tout comme un changement de processus d'achat, pas comme un changement de taille.
La définition européenne, issue de la recommandation 2003/361/CE, suit la même logique pour les PME et sert de référence dans toute l'Union : micro sous 10 personnes, petite sous 50, moyenne sous 250, avec les plafonds financiers correspondants. Ces seuils sont publiés par la Commission européenne et n'ont pas bougé depuis 2003. Cette définition européenne ne connaît pas l'ETI, qui est une spécificité française, et c'est la première source de confusion dès qu'un segment traverse une frontière.
Et aux États-Unis, où passe la ligne
Le vocabulaire américain ne parle pas de PME mais de SMB, pour small and medium sized business. Il n'a pas de définition légale unique. La Small Business Administration fixe des seuils par code d'activité, exprimés en effectif ou en recettes annuelles moyennes, et ces seuils ne servent que pour l'accès aux marchés publics fédéraux et aux prêts aidés. Les repères que l'on croise le plus souvent tournent autour de 500 salariés dans l'industrie, mais la liste complète va bien plus loin dans les deux sens.
Conséquence directe pour un segment international : une entreprise de 300 personnes est une ETI en France et reste un SMB pour beaucoup d'éditeurs américains. Segmenter par taille sans segmenter d'abord par marché produit des listes qui mélangent deux populations que rien ne rapproche.

La même entreprise change de catégorie selon le référentiel
Prenez une société fictive : 80 salariés, 12 millions d'euros de chiffre d'affaires, édition de logiciels.
| Référentiel | Verdict | Pourquoi |
|---|---|---|
| INSEE, France | PME | Moins de 250 personnes, sous les plafonds financiers |
| Commission européenne | Entreprise moyenne | Même test à deux étages |
| SBA, États-Unis | Small business | Très en dessous du seuil de son code d'activité |
| Éditeur SaaS classique | Mid-market | Au-dessus du plafond PME que l'éditeur s'est fixé |
Aucun des quatre verdicts n'est faux. Ce qui est faux, c'est un rapport qui annonce une part de pipeline PME sans dire lequel des quatre il a utilisé : le chiffre n'est comparable à rien, pas même à lui-même six mois plus tard.

La différence PME ETI dans une base de données : quel champ répond
C'est ici que la définition devient opérationnelle. Dans une base, PME n'est pas une étiquette qu'on trouve, c'est un verdict qu'on calcule à partir de champs. Quatre candidats, inégalement fiables.
| Champ | Source | Fiabilité | Piège |
|---|---|---|---|
| Effectif | Page entreprise, registre, enrichissement | Bonne | Déclaré contre légal, voir plus bas |
| Chiffre d'affaires | Comptes publiés, estimations | Faible sur le non coté | Souvent modélisé, rarement publié |
| Catégorie d'entreprise | Registre national | Excellente en France | La plupart des pays ne la publient pas |
| Code d'activité | NAF, NAICS | Bonne | Indispensable pour lire un seuil sectoriel |
Dans les faits, l'effectif est le champ de travail, le chiffre d'affaires sert d'arbitre, mais méfiez-vous-en sur les sociétés non cotées, et la catégorie légale est un cadeau quand le pays la publie. La France la publie : l'enrichissement SIRET, SIREN et raison sociale renvoie identité, activité, dirigeants, chiffre d'affaires, effectifs et données légales à 1 crédit par entreprise. Ce sont les deux champs dont dépend le verdict, vus par le registre plutôt que par la description que l'entreprise fait d'elle-même. L'import par code NAF part du même registre pour constituer la liste, à 1 crédit par entreprise.

Pourquoi l'effectif LinkedIn et l'effectif légal divergent
Ce décalage casse plus de segments PME que toutes les querelles de définition réunies, et il a une explication structurelle simple. Les deux nombres ne comptent pas la même chose.
Un effectif de page entreprise compte des profils qui déclarent un rattachement. Il est mondial par construction, il inclut des personnes qui ne se sont jamais détachées d'un employeur précédent, il peut agréger des filiales sur la page de la maison mère, et il contient des indépendants et des conseillers qui ne figureraient sur aucune paie. Un effectif de registre compte des contrats de travail rattachés à une unité légale, dans un pays, à une date de déclaration.
Les conséquences sont prévisibles cas par cas, et il vaut la peine de les retenir. Pour une société à bureaux internationaux réunis sous une page, le chiffre déclaré est plus haut que n'importe quel effectif national de registre. Pour un groupe dont les filiales tiennent leur propre page, la maison mère paraît plus petite que le groupe. Pour une entreprise établie où les équipes se renouvellent vite, les rattachements périmés gonflent l'effectif affiché pendant des années.
La règle pratique : choisissez une source par segment et tenez-la. Un segment bâti moitié sur du déclaratif et moitié sur du registre n'est pas un segment, ce sont deux populations qui se chevauchent sous une même étiquette. Et quand les deux divergent de plus d'une tranche, classez le compte en non déterminé plutôt que de deviner.

Les tranches d'effectif qui segmentent vraiment
Les tranches valent mieux que les seuils, parce qu'un seuil transforme un nombre bruité en oui ou non tranché alors qu'une tranche tolère le bruit. La taille prend place à côté des autres attributs firmographiques dans tout modèle de ciblage sérieux. Voici le découpage vers lequel convergent la plupart des équipes.
- 1 à 10. Entreprise dirigée par son fondateur. L'acheteur, l'utilisateur et le payeur sont souvent la même personne.
- 11 à 50. La tranche qui bouge le plus vite, et celle où votre donnée se périme le plus tôt, parce qu'une société peut la traverser en un an. Recalculez l'effectif ici plus souvent qu'ailleurs.
- 51 à 200. Les premiers managers fonctionnels apparaissent. Vous vendez à un utilisateur et à un responsable, et non plus à une seule personne.
- 201 à 249. Le haut de la PME au sens légal français, qui s'arrête à 249 puisque le décret dit « moins de 250 personnes ». On franchit la frontière en atteignant 250 salariés, ou en dépassant à la fois le plafond de chiffre d'affaires et celui de bilan.
- 250 à 4 999. ETI. Service achats, revue de sécurité, décision à plusieurs.
Deux règles rendent ces tranches utilisables. Stockez la tranche comme un champ normalisé plutôt que de la recalculer à chaque rapport, et stockez la date à laquelle l'effectif a été dérivé. Une tranche sans date vieillit sans que personne le voie, exactement comme les attributs de contact que personne n'horodate.
La différence PME ETI vue du côté du cycle de vente
La taille est un signal firmographique, pas un signal démographique, et les deux répondent à des questions différentes. Segmenter sur la taille ne sert que si la prospection change vraiment, et elle doit changer de trois façons.
Le décideur est une personne, pas un intitulé. Dans une ETI vous visez un rôle, parce que celui qui occupe le poste portera le sujet. Dans une PME vous visez un individu, souvent le dirigeant ou un premier recrutement fonctionnel, et son titre décrit la moitié de ce qu'il fait réellement.
La ligne directe prime sur le standard. Les petites structures n'ont souvent pas de standard, et l'adresse générique est lue par la personne même que vous cherchez à joindre.
Les formats d'email sont moins normalisés. Les grandes organisations imposent un format. Les petites accumulent les exceptions, le fondateur garde une adresse d'avant le changement de nom, et le format déduit de deux salariés échoue sur le troisième. La vérification compte donc davantage, pas moins, et elle est facturée au résultat sur les plans payants.

Construire un segment PME reproductible
Un segment est reproductible quand quelqu'un d'autre peut le rebâtir à partir de votre définition écrite et retrouver les mêmes comptes. Cinq étapes suffisent.
- Écrivez la définition. Une phrase, avec sa source : "PME signifie 11 à 249 salariés déclarés, siège en France, effectif dérivé de la page entreprise, rafraîchi chaque trimestre."
- Choisissez une source d'effectif et notez-la par compte. Déclaratif ou registre, jamais les deux dans le même segment.
- Mettez le pays avant la taille. Une société de 300 personnes est une ETI en France et un SMB pour beaucoup d'éditeurs américains.
- Stockez la tranche, pas seulement le nombre. Les rapports lisent la tranche, l'analyse lit le nombre.
- Datez chaque dérivation. Recalculez la tranche 11 à 50 tous les trimestres et le reste une fois par an, et recoupez avec vos données financières quand une entreprise approche une frontière.
La différence PME ETI change selon le marché : segmentez par pays d'abord
Une dernière règle, et c'est celle qui sauve les segments internationaux. Les catégories de taille sont nationales. L'ETI n'existe pas dans la nomenclature européenne, le SMB américain n'a pas de définition légale unique, et une même tranche d'effectif ne désigne pas le même type d'entreprise des deux côtés de l'Atlantique.
Concrètement : filtrez d'abord sur le pays du siège, appliquez ensuite la grille du pays, et stockez le référentiel utilisé à côté du verdict. Un champ "categorie_taille" sans champ "referentiel" est une information qu'on ne pourra pas relire dans un an.
Où faire tourner le segment : Sheets, un chat IA ou l'API
Le même segment se construit sur trois surfaces, et la bonne dépend de qui le rebâtit et à quelle fréquence.
- Google Sheets pour la première construction et pour tout ce qu'un humain doit relire lui-même. La sidebar remplit les colonnes entreprise à côté de votre liste, donc vous voyez l'effectif qui a produit la tranche avant de vous y engager.
- Un assistant IA via MCP quand la question est exploratoire : demander des entreprises correspondant à une description, regarder ce qui revient, affiner. Derrick MCP fonctionne avec Claude, ChatGPT et tout client compatible MCP. Reportez-vous à la page des tarifs pour le palier à partir duquel il démarre.
- L'API REST quand la tranche doit être recalculée automatiquement, par exemple à la création d'un compte dans le CRM ou selon un calendrier trimestriel, à côté des champs technographiques que vous rafraîchissez dans la même passe.
Une application web arrive bientôt pour les équipes qui préfèrent ne pas travailler dans un tableur. Quelle que soit la surface, le coût se compte à l'avance : l'enrichissement d'entreprise est à 1 crédit par entreprise, et Find Similar Companies transforme un compte de départ en liste appariée à 1 crédit par entreprise. Derrick démarre à 100 crédits par mois à 0 euro sur le plan gratuit, puis 9 euros sur Mini, 20 euros sur Standard, 47,5 euros sur Plus, 175 euros sur Pro et 320 euros sur Scale, où le prix unitaire descend à 0,0016 euro le crédit. Cela fonctionne pareil sur deux cents comptes et sur deux cent mille.
À lire aussi dans ce cocon
Lancez votre enrichissement en 30 secondes
Gratuit, 100 crédits/mois. Sans carte bancaire.